Mes résolutions pour la planète (1)

2018Avec le nouvel an, pourquoi ne pas prendre une bonne résolution en faveur du climat ? La liste des écogestes est longue : ne pas manger de viande, ne pas manger de bœuf, acheter frais, local, de saison et je ne parle que de l’alimentation. A vouloir être exemplaire, on s’épuise. Si nous voulions ne choisir qu’un écogeste supplémentaire pour cette année, lequel serait le plus efficace ?

L’Ademe a calculé dans sa base de donnée FoodGES les émissions de gaz à effet de serre des aliments, sortie magasin, et de quelques plats courants.A partir de ces données voici le classement de quelques écogestes :

Capture d’écran 2018-01-09 à 08.51.42

(Des éléments de calcul sont donnés en fin d’article). L’Ademe ne listait aucun plat végétalien dans sa base de donnée donc je n’ai pu envisager cette résolution.

Acheter « de saison » est surtout recommandé pour les légumes d’été français (tomate, aubergine, poivron) qui, en hiver, sont cultivés hors sol, dans des serres éclairées et chauffées. Acheter des tomates espagnoles en hiver n’est pas très grave pour l’environnement mais vu qu’elles n’ont pas de goût, à quoi bon ?

Les légumes considérés comme d’hiver (carottes, choux) sont en fait récoltés toute l’année et les consommer en été ne nuit pas au climat. Même acheter des pommes argentines en été n’est pas très grave : les émissions de transport maritime, même réfrigéré, sont tellement faibles que l’empreinte carbone d’un transport depuis les antipodes est presque la même que depuis l’Andalousie ! (par contre, il perturbe les mammifères marins et pollue l’atmosphère des zones portuaires. Rien n’est simple.)

Il est donc clair que les efforts à faire en premier sont :

1/ réduire le bœuf. Faire un pas de plus et manger végétarien n’apporte pas grand chose (d’un point de vue climatique)
En fait, si vous n’êtes pas à votre minimum supportable, c’est la seule résolution vraiment importante. La liste pourrait s’arrêter là : s’épuiser à manger local puis dire, « j’en fais bien assez pour l’environnement » et aller acheter du bœuf est contre-productif.

Si vous ne mangez pas de bœuf ou avez déjà beaucoup réduit:

2/ éviter les fruits exotiques par avion

puis loin, loooooin derrière (mais plus fréquent)

3/ éviter les légumes d’été hors sol (= français, en hiver)

Acheter frais et local et ne fait presqu’aucune différence. Les motifs de ceux qui nous le conseillent sont économiques (acheter français) voire politiques (altermondialisme) et non écologiques. Notons tout de même que les produits frais et locaux sont généralement meilleurs, mais le sujet de cet article est le réchauffement climatique.

Si vous faites déjà tout ça, d’autres résolution sont en cours de rédaction. Si vous en avez à proposer, liées à l’alimentation, je suis intéressée!

couverture F&L miniature

Cet article est issu de mes livres Volailles et Foie gras (paru) et Fruits et légumes (à paraître en avril 2018)

 

 

Eléments de calcul
un repas avec bœuf (125 g net) / un repas avec poulet (125g net)
0,125 kg x (36 – 5,2 kg CO2/kg de produit net) = 3,850 kg de CO2 économisé

un repas avec blanquette veau (470 g net ) / un repas avec gratin dauphinois (460 g net)
4,52 – 0,65 kg CO2/portion = 3,87 kg de CO2 économisé

un fruit importé par avion (mangue) / un fruit local de saison (pomme/poire)
0,1 kg (27,4 – 0,3 kg CO2/kg produit) = 2,71 kg de CO2 économisé

une salade de tomate hors sol / une salade de saison (carottes)
0,150 kg (2,2 – 0,3 kg CO2/kg produit) = 0,28 kg de CO2 économisé

un légume surgelé / un légume frais
0,250 kg (0,56 – 0,3 kg CO2/kg produit) = 0,065 kg de CO2 économisé

un légume ibérique / un légume local
0,250 kg (0,6 – 0,3 kg CO2/kg produit) = 0,075 kg de CO2 économisé

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