Quelles marques de vêtements respectent les droits de l’homme?

Il y a un an l’effondrement du Rana Plaza attirait notre attention sur les conditions dans lesquelles nos vêtements sont fabriqués. Un an que je me dis qu’il faudrait que je me renseigne sur quelles marques respectent les droits de l’homme et quelles marques s’en moquent éperdument. Voici le résultat de mes recherches.

J’ai parcouru de nombreux site à la recherche d’un classement, ne trouvant à chaque fois que des considérations générales sur la nécessité du consommateur de s’engager. Oui, mais comment ?!!!!!

Finalement j’ai trouvé un classement, celui de l’ONG Not For Sale (1)

Portrait de ZARA

Parmi les marques pointées du doigt dans le scandale des sweatshops bangalis, figure ZARA. Que pense Not For Sale de ce groupe? Que du bien. C’est même, parmi les multinationales, celles qui a la meilleure note. Pourquoi ?

D’abord, ils ont mis en place des codes de conduite. Ha ! La belle affaire me direz-vous, du baratin sur papier à entête ! Certes, mais c’est un premier pas. Prenez Lacoste par exemple, la société occidentale qui a la plus mauvais score: Lacoste ne se préoccupe de rien, ne vérifie rien.

Ensuite, contrairement à d’autres, Zara vérifie que les codes sont bien appliqués. Combien de sous-traitants sont audités chaque année ? 26 à 50%. Combien leur envoie un rapport avec les actions correctives mises en place ? 0% !!!

Voilà la situation de la multinationale qui a la meilleure note.

Payer un salaire décent aux ouvrières ne couterait que 30 cts de plus

sur un Tshirt à 12€. Il en couterait à chacun d’entre nous 30 cts seulement, et le Bangladesh sortirait de la misère. Qu’attendons nous ?! Malheureusement, les choses ne sont pas si simples et il y a beaucoup de mauvaise foi de la part du journaliste à prétendre le contraire.

Le reportage nous fait visiter deux entreprises :

La première est un fournisseur de Carrefour. Atelier clair et bien rangé, ventilateurs au plafond, les conditions de travail semblent correctes.

Dans la deuxième, la chaleur est étouffante, l’air saturé de poussières, des enfants travaillent à même le sol. Bien qu’ils produisent des vêtements Tex, il ne s’agit pas d’un fournisseur de Carrefour. Il travaille pour l’entreprise précédente, en sous traitance. Le contrat a donc été négocié par l’entreprise précédente. Carrefour est-il responsable des marges misérables qui lui ont été imposées ?

Par ailleurs, si le Rana Plaza s’est effondré, ce n’est pas parce que les marges des entreprises qui y étaient installées étaient trop faibles. C’est parce qu’un immeuble prévu pour abriter des magasins sur 5 étages s’est transformé, dans la plus grande illégalité, en immeuble d’ateliers sur 8 étages.

Que peuvent faire les multinationales pour améliorer la situation?

Un père agite une photo de ses filles, disparues dans l’effondrement du Rana Plaza. C’est tout ce qu’il a comme preuve de leur existence, ce qui est peu pour gagner le recours en justice qu’il a entamé. Il est en conscient. Apparemment, ses filles n’avaient pas de papiers d’identité.

J’ai vécu 2 ans en Inde et j’avais engagé une nounou. En bonne occidentale, j’ai voulu lui faire un contrat de travail. Je lui demande son nom : Lilli. Non, ça c’est le prénom, le nom ? Elle ne sait pas. Elle n’a pas de papiers d’identité. Et quand elle passait les examens à l’école, elle mettait quoi ? Lilli Rose. Rose c’est le nom de son père ? Non, son père est parti, Rose, c’est un surnom. Comme à chaque fois que les choses devenaient un peu irréelles, je descends voir ma propriétaire, une maitresse femme. Mais non, vous vous compliquez la vie, à quoi bon un contrat de travail ? Vous prendre bien une tasse de thé ? J’ai laissé tomber. Pendant 2 ans Lilly habitait chez moi, elle s’occupait de mes filles en bas âge, et je ne sais pas qui c’était.

Quand vous pensez que l’Inde est un des pays émergeants les plus prometteurs, vous imaginez la situation au Bangladesh. Pas de papiers, pas de contrat de travail. Et du coup comment faire respecter ses droits, à commencer par celui à un salaire minimum ? Comment vérifier qu’une ouvrière a plus de 15 ans ?

Que peuvent faire les multinationales pour améliorer la situation?  Prendre les choses en main et gérer le pays à la place du gouvernement ?

Quelle marque acheter ?

Le problème, c’est la désorganisation du Bangladesh et non la politique d’achat de telle ou telle multinationale. Faut-il boycotter les vêtements made in Bangladesh ? Aucune ONG ne le recommande, un salaire de misère étant préférable à pas de salaire du tout.

Restent les marques qui ont fait de la lutte contre la pauvreté leur principal argument de vente. Beaucoup de T shirt et de vêtements hippies… Il faut aimer.

Que faut-il faire alors ? Personnellement, je crois qu’en matière vestimentaire, le consommateur n’a pas de moyen d’action. C’est fort dommage. Ca m’aurait bien plu de sauver quelqu’un de la misère pour seulement 30 cts…

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Source

(1) http://www.free2work.org/, dans le listing « Industry » choisir « apparel »

7 réflexions au sujet de « Quelles marques de vêtements respectent les droits de l’homme? »

  1. Pourquoi ne pas acheter les vêtements justement en commerce équitable puisque c’est justement leur but que d’améliorer les conditions de travail des ouvriers, et leur environnement. C’est d’autant plus important qu’en France ce secteur a connu beaucoup de défaillances (Azimut, Ideo … et de nombreuses boutiques spécialisées).

    Mais à Toulouse, nous avons un résistant à la crise : Ethic et Chic : http://www.ethicetchic.com/‎ !

  2. Merci pour cet article.
    Il nous reste aussi des fabricants français qui produisent en France. Bleu Forêt pour les chaussettes, Saint-James pour les chandails ou encore Bruce Field pour les chemises à des prix abordables.

    • D’après mon début d’enquête, les marques équitables sont horriblement chères (et souvent ringardes) non parce qu’elles paient beaucoup plus les ouvrières, mais parce que leurs frais généraux sont très élevés. Ne pouvant les répartir sur des millions d’articles, le client paie le double voire plus que s’il allait chez Zara mais seule une très faible part de ce surcout va dans les poches des ouvrières. Dans ce cas, autant acheter chez Zara et, par ailleurs, faire un don à une ONG.

  3. Bonjour,

    « Restent les marques qui ont fait de la lutte contre la pauvreté leur principal argument de vente. Beaucoup de T shirt et de vêtements hippies… Il faut aimer. »

    C’est un jugement assez personnel et laconique…Le problème du secteur de la mode / habillement n’est pas exclusivement les salaires toujours plus bas, c’est aussi les conditions de travail, l’écologie, les maladies liées directement ou indirectement à la production de matières premières, la segmentation des tâches à l’extrême, etc.

    Pour toutes ces raisons, il faut un maximum :
    – s’orienter déjà une consommation largement plus réduite
    – acheter local un maximum
    – choisir des matières premières biologiques
    – choisir des alternatives au cuir ou choisir un tannage végétal
    – dans tous les cas se renseigner sur la marque

    Quant au jugement sur les « vêtements hippies », je vous invite à jeter un oeil aux marques suivants :

    – 1083 (jeans, chaussures, etc. produits en France) – https://www.1083.fr
    – Knowledge Cotton Apparel (coton bio et matériaux durables) – https://knowledgecottonapparel.com
    – People Tree (coton bio et matériaux durables, valorisation des employés ruraux, etc.) – http://www.peopletree.co.uk
    – Zady (engagé contre le fast-fashion)

    Et il y en a plein d’autres 🙂
    D’après-moi, le plus difficile c’est de faire passer l’information et de faire prendre conscience aux gens ici que on a absolument pas besoin d’acheter régulièrement des habits ou d’en offrir, que des gens souffrent de ces choix.
    Oui c’est plus cher que H&M, Zara, mais pas que Lacoste, mais l’argent c’est aussi ce qu’on choisit d’en faire non ? 🙂

    Aussi je voudrais réagir à votre expérience sur l’Inde afin que les gens qui vous lisent ne fassent pas – d’une seule expérience sur un pays si grand – de généralités : je travaille actuellement avec beaucoup de personnes localisées en Inde, et chacun ont un contrat de travail, ils gagnent correctement leur vie et je connais leur nom réel.
    En France, on trouve aussi des nounous, babysitters, aides à domicile qui préfèrent travailler au noir, dans un sens, c’est assez similaire sur la partie contrat de travail.

    Voilà, je pense que la lutte est longue mais que c’est un chemin à prendre, et des valeurs à passer à nos enfants selon moi : il est inacceptable que notre mode de vie fassent souffrir des gens que ça soit ici ou à l’autre bout de la planète.

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